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Pétrus Borel, escales à Lycanthropolis
Entré sur la scène littéraire avec fracas en s’autoproclamant lycanthrope, Pétrus Borel a toujours déployé une propension à rejeter les conventions de tous ordres. Sa plume, capable de s’approprier et transformer avec une audacieuse énergie les genres les plus divers, a souvent façonné des discours et des formes qui apparaissent encore, à l’heure actuelle, d’une incroyable modernité.
 
Sans prétendre à l’exhaustivité, le recueil que propose Le Vampire Actif, cherche, par une sélection de dix textes courts, où l’auteur aime aussi à tordre l’orthographe, en utilisant certains mots dans une graphie volontairement provocatrice, à illustrer l’étendue des formes et des rôles auxquels Pétrus Borel s’est essayé.
 
Le nom de Pétrus Borel (1809-1859) ne dit plus grand chose au lecteur d’aujourd’hui. Figure pourtant charismatique du Petit Cénacle proche de Victor Hugo et qui a réuni ceux que l’on appellera "les romantiques frénétiques", il a su alors faire entendre sa voix aussi bien que celle d’un Nerval ou d’un Gautier à leurs débuts.
 
 
Marginal assumé, très vite autoproclamé "Lycanthrope", poursuivi toute sa vie durant par un impressionnant "guignon", homme culotté, révolté, désenchanté, grinçant, mordant, à l’humour noir féroce parfois, cet incroyable Protée, traducteur-plagiaire talentueux à ses heures également, a su se glisser dans de multiples formes écrites.
 
Pétrus Borel en Afrique, vers 1850
 
 
Le Vampire Actif Editions
466 pages
 
Prix : 19,50 €
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Auteur des Rhapsodies (1832), un ensemble poétique dont on peut ne retenir que le texte introductif au vitriol, de deux œuvres pour le moins atypiques : Champavert. Contes Immoraux (1833), un recueil de récits brefs où s’affirme une plume dénonciatrice et caustique et Madame Putiphar (1839), un roman hybride monstrueux empruntant à divers genres littéraires sans jamais se réclamer d’aucun réellement, Borel a également légué à la postérité une grande quantité d’articles dans lesquels s’est déployée une verve dont certains élans illustreraient avec brio des situations ou faits qui nous sont contemporains.

 
Encensé par Baudelaire et redécouvert plus tard par les surréalistes, il faudra attendre la fin des années 70 pour qu’un brillant étudiant, Jean-Luc Steinmetz, devenu depuis un dix-neuvièmiste de renom, ressorte Pétrus Borel de sa tanière et le dépoussière. Certains écrits du Lycanthrope sont alors republiés, épisodiquement.
 
 
L'auteur
Pétrus Borel (1809-1859)
"Lycanthropolis" est le nom que Pétrus Borel avait donné, dans les courriers qu’il adressait à ses correspondants, au hameau champenois Le Baizil, où il s’était retiré pour vite sombrer dans une vie de misère absolument épouvantable au moment de la rédaction de son roman Madame Putiphar.
De manière générale, nous pouvons considérer que ce vocable illustre de façon très appropriée le territoire imaginaire agité d’où nous proviennent ses compositions...